Sakuran – Un livre, un film de courtisane

Sakuran - Manga & Film

Sakuran – Un livre, un film

J’avais partagé avec vous en août mon coup de cœur pour le livre Geisha d’Arthur Golden qui a donné le film Mémoire d’une Geisha. Aujourd’hui, on quitte les sphères artistiques pour plonger dans le côté obscur des courtisanes japonaises avec Sakuran.

Sakuran - Présentation

Synopsis

Le récit se déroule au Japon durant la période d’Edo (1600-1868). La jeune Tomeki est vendue à la maison des plaisirs Tamakiku, située à Edo (ancien nom de Tokyo). Dotée d’un caractère exécrable, la jeune Tomeki fait ses armes auprès de l’Oiran Shouhi (courtisane de haut rang) avant de devenir elle-même, par la force des choses, une des Oiran de la maison. Elle est confrontée aux rivalités diverses et à l’amour interdit qu’elle voue à un de ses clients.

Sakuran - Manga

Sakuran de Moyoko Anno

Sakuran est un manga « One Shot » publié en France par Pika Éditions dans la collection Pika Graphic, qui regroupe des bandes dessinées proches des romans graphiques. L’histoire prend forme sous la plume de Moyoko Anno, célèbre notamment pour ses séries Chocolat & Vanilla, Happy Mania ou encore Plaire à tout prix. Je me suis intéressée à cette histoire car il y a un parallèle évident avec Geisha d’Arthur Golden. À ceci près que l’héroïne est absolument détestable, même d’un point de vue du lecteur. J’ai eu un peu de mal à me glisser dans le récit, mais finalement j’avais très envie de savoir comment la jeune Tomeki allait s’en sortir dans ce monde de femmes très clos. Le style graphique est plutôt inhabituel avec un côté un peu brouillon et tremblant. Je suppose que c’est un choix de l’auteure qui colle assez bien avec l’univers cru de Sakuran car l’histoire est dessinée tel que ça se passait dans les maisons « vertes » entre les Oirans et les clients. Après les nombreux rebondissements, on éprouve une certaine compassion pour cette anti-héroïne si particulière qui possède les armes pour lutter dans le monde cruel où elle se trouve. Petit détail graphique qui m’a épaté : les coiffures. Moyoko Anno dessine très bien les cheveux, arme redoutable d’une femme et aux codes très stricts chez les Oiran pour véhiculer des messages ! Ce récit nous donne quelques indices sur la vie des prostituées avant l’ère Meiji. La fin laisse cependant un goût d’inachevé qui est dommage.

Sakuran - Moyoko Anno

Sakuran de Mika Ninagawa

Comme vous vous en doutez, il s’agit l’adaptation cinématographique du manga. Elle est réalisée par Mika Ninagawa, photographe et le rôle principal est attribué à Anna Tsuchiya, actrice et chanteuse. Pour les besoins du scénario, l’histoire a été allongée. Aussi, on peut y découvrir comment une Oiran peut ferrer un protecteur et se marier avec lui pour quitter sa condition de prostituée. L’héroïne est confrontée à plus d’obstacles dans le film à cause de ce rallongement scénaristique. Certains personnages ont le mérite d’être plus développés, mais il y a également quelques longueurs à certains moments. Grâce à la pâte artistique de Mika Ninagawa, le film arbore des couleurs éclatantes et des plans visuellement bien construits. La réalisatrice a également fait des clins d’œil à certaines vignettes de la bande-dessinée qu’il est facile à reconnaître. On se plonge très vite dans cet Edo lointain et chamarré. Seule la bande originale fait anachronisme car il est en grande partie composé de pop rock pour aller avec le caractère détonnant de Tomeki. Je trouve que l’actrice a d’ailleurs été plutôt bien choisie car elle paraît aussi bornée que dans le manga, ce rôle lui va comme un gant. Globalement, Sakuran est un film que l’on regardera surtout pour son aspect visuel, le scénario y est moins développé que dans Mémoires d’une Geisha.

Sakuran - Cha Do

Geisha et Oiran, quelques différences

Une Geisha est d’abord considérée comme une artiste et une dame de compagnie tandis que l’Oiran est identifiée à la courtisane de haut rang pratiquant également du divertissement artistique. Il est aisé de reconnaître une Oiran d’une Geisha sur le plan vestimentaire. La Geisha portera son Obi à l’arrière et elle a besoin d’aide pour le mettre en place. L’Oiran portera le Obi sur le devant. D’un point de vue vocabulaire, les termes sont également différents, la Geisha sera d’abord Maiko tandis que l’Oiran sera nommée Kamuro lors de son apprentissage. La frontière entre Geisha et Oiran est un peu floue et je préfère m’arrêter dans les explications au risque de vous dire des bêtises. Je ne peux que vous conseiller de lire et regarder Geisha et Sakuran pour vous faire une idée de ces deux mondes proches et portant bien différents.

Sakuran - Mika Ninagawa

1 Commentaire

  1. ettenna

    décembre 1, 2016

    Lecture avec en accompagnement un bon thé en cette période hivernale….

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